Exposition Peintures consacrée à l’Afrique de l’Ouest : Je vous emmène du Sénégal au Niger… à la bibliothèque Hergé - 2, rue du Département 75019 Paris du 03 05 au 31 novembre 2017 anissaberkanirohmer@adagp.com Nejma

anissaberkanirohmer@adagp.com

Nejma


Quelques nouvelles de Nejma…
Une femme comme une autre,
Déchirée entre deux pays, deux cultures, deux traditions.
Une femme entre deux guerres, deux espoirs.
Une femme enfant, une femme mariée, une femme maman.
Une femme combattante !!!




Le commencement de la fin

Dans le sud d’Alger, dans un petit village nommé « El Frikina ». Nejma, une femme d’une cinquantaine d’années prépare le repas de ses deux fils. Quelle fierté pour Nejma d’avoir deux beaux grands garçons. Et ! Ils ont bien réussit dans la vie. Yamine, l’ainé des deux approche son trentième anniversaire. Il est pilote de ligne à Alger.
Alors que le cadet, Mehdi a atteint l’âge de vingt huit ans, lui est enseignant à Ain-Beïda.
Quant à l’époux de Nejma, il est partit faire un pèlerinage à la Mecque.




Dans cette petite maison en pierre blanche, Nejma prépare un Tajine tout en murmurant une chanson kabyle « A baba nouba… ». Soudain, des coups se font entendre à la porte. Les mains tâchées de pruneaux, Nejma va ouvrir.
C’est l’Iman du village accompagné de quelques fidèles qui se tiennent au seuil de la porte.
Nejma leur adresse un grand sourire, en échange de celui-ci se dresse devant elle des regards inquiets, des visages livides accompagnés d’une expression sans lendemain.
L’Imam, le grand Abdel-Nouar dresse devant elle une liste de noms :



Quelques jours plus tard, Nejma part le cœur gros à Constantine rendre visite à sa cousine. Enfin, elle va parler et on va lui répondre. Nejma lui annoncera que son fils Yamine est partit très loin, il se trouve sur la liste du FIS !!!
Elle pourra le raconter à une autre femme, sans honte, sans sécher ses larmes. Le fardeau est si lourd sur ses épaules ! Sur le chemin, elle se souvient de l’année 1954.

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Les femmes d’Algérie comme les femmes de tous les continents ont depuis le début des temps donné l’exemple de leur capacité de résistance et de leur courage. Je pense évidemment en autres à la lutte de l’indépendance déclenchée le 1er novembre 1954, jour de la Toussaint. Dans laquelle elles prirent toute leur part, que ce soit dans les campagnes où dans les villes.
Elles furent relativement nombreuses, compte tenu des mœurs et de la réclusion que leur imposait la tradition, à « monter aux maquis », où à servir, dans les villages notamment, d’agent


De liaison, d’informatrice, de porteuse de valises. Ces femmes, nos sœurs, nos filles, combattent alors aux côtés des hommes, ayant fait voler en éclat le tabou de la mixité !



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Pendant ce temps, Yamine qui souffre de l’absence de sa mère prend la dangereuse initiative de lui rendre visite. Dans la maison, personne, personne pour lui souhaiter la bienvenue, le rassurer…
Yamine soupire puis se fait couler un bain, il se déshabille, entre dans l’eau et ferme les yeux paisiblement…


C’est la fin des cours, il est l’heure pour Mehdi de rentrer chez lui.
Là ! Dans la maison blanche, qu’elle surprise !
Doucement, il pénètre dans la salle de bain, aperçoit son frère, les yeux clos qui se détend dans la baignoire, très vite, dans un coffre, Mehdi s’empare d’une arme.
Un sourire au bout des lèvres, il tire trois balles sur la tête de son frère qui n’avait pas encore pris la peine d’ouvrir les yeux pour y voir son meurtrier :

Tout s’enchaine très vite, Nejma rentre chez elle, sa visite chez sa cousine aura était de très courte durée, elle n’était pas là.
Le voyage en bus à Constantine l’a toute défraichie, alors, Nejma s’engouffre dans la salle de bain et là ? !!!

Madame l’Horreur lui tend les bras :
Son fils aîné truffé de balles git dans une baignoire de sang. Tandis que le cadet regarde son arme tout en murmurant : « il le fallait, il le fallait, il le fallait… »
Pâle comme un linge, Nejma lui tends les mains en hurlant : « Donne, donne-moi cette arme, tu es trop jeune, je dirai à la police que c’est moi qui l’ai tué »

Fébrile, Mehdi lui tend maladroitement l’arme. Nejma s’en empare et vise son cadet…
Lentement, Nejma se sent envahir par des souvenirs qui affluent dans sa mémoire.

Avec la participation :
Nejma qui Signifie: "étoile, astre"


Mehdi est un dérivé du prénom arabe Mahdi tiré du verbe hada signifiant « le bien guidé ». Pour les musulmans, il se traduit par « celui qui est éclairé par Dieu » et désigne le sauveur qui viendra sur Terre à la fin des temps.

Yamine qui signifie "heureux, fortuné, prospère"



Le Petit Chaperon raide et autres contes



Chapitre. 0 Le Petit Chaperon-Raide

Chapitre. 1 Hansoul et Gras-Double

Chapitre. 2 Le Dégueu petit coin-coin

Chapitre. 3 La petite pompe de Grillon

Chapitre. 4 La mome aux tiges à feu

Chapitre. 5 Merloun l’arnaqueur

Chapitre. 6 Les trois petits chébrans

Chapitre. 7 Le Bouquin de la vie


Chapitre. 0
Le Petit Chaperon-Raide.


Assez-vous confortablement tout en dégustant une kro et écoutez bien attentivement la touchante histoire du petit Chaperon-Raide :

Le petit Chaperon-Raide était confortablement installé au seuil de la porte quand soudain sa vieille l’interpella :

– Tiens prends ce panier de bouffe et amène-le chez la mémé !
– Maman je peux prendre la turbo ? J’irai vachement plus vite ! Puis c’est cool, pendant le trajet je pourrais me foutre de la zique plein la caisse…
– Prends-là, mais fais gaffe à cette bande de nuls sur la route, ils n’ont vraiment pas de feeling envers les étrangers de ce conté.

Le laser à plein pot sur la route prenait les tripes du petit chaperon-raide. Elle était tellement branchée sur la zique qu’elle eut envie de s’arrêter dans la zone clairière.
Une voix cassa tout, elle se retourna pour faire face à une bande de petits loubards.

Les loubards :
– Elle est d’enfer ta caisse, qu’est-ce que tu fous içi ?
– Le petit chaperon-Raide :
– Je trimballe un panier de bouffe pour ma mémé qui est vraiment naze.
– Les loubards :
– T’es nulos de gâcher ta journée pour aller voir la vieille, mais c’est sympa. Si tu veux, tu nous dis où elle crèche et on y go avec la bouffe.

Le petit chaperon-raide reprit de nouveau sa route puis par malchance creva.
Pendant ce temps-là, les loulous se mirent à gueuler devant la baraque de mémé :

– A la mailloche !, à la mailloche… ! ! ! !

La porte de la bicoque s’ouvrit et mémé trouva ces répliques de mauvais goût.
Elle s’écria :

– Bande d’enfoirés ! Z’ etes vraiment pas géants pour un sou. Cassez-vous ou je vous sonne vos tiroirs caisses à coups de pompes !, bande de paumés… !

Les loulous :

– Laisse béton, les keums, elle est câblée, elle est trop cool, on se tire.

Morale :

Vachement contente de ne pas avoir été embobinée, mémé prépara un jus pour l’arrivée de sa petite fille

Chapitre. 1
Hansoul et Gras-Double.


A l’orée d’un bois, se dressait une petite chaumière.
Des vois s’échappaient de la demeure pour recouvrir la nuit noire.
Quand soudain, un hibou fut dérangé dans son sommeil par le dialogue bruyant de deux petits moutards qui vivaient dans la maisonnette. Hansoul et Gras-Double.
Leurs cris devenaient de plus en plus hystériques.
Même le loup partit vite fait, la queue entre ses pattes quand il entendit Hansoul :

– Et crotte, y’a plus rien à croûter dans cette baraque…
Les mains sur les hanches, Gras-Double lança :
– Doit y avoir un retard avec les alloc. Niète, rien, wallou…
J’ai plus une tune. Au fait, et le paternel ?
– Laisse béton, les vieux ne se sont pas occupée de remplir les formulaires de la CAF, alors pour pouvoir bouffer, tu peux toujours repasser…
– Viens tirons-nous d’ici, y’a une casse pas très loin qui vient d’être aménagée.
– Tu te la racontes ? Là-bas dans la foret ? Mais y a rien !
– Ecrase, tu veux ! pense plutôt à des bombecks, des gâteaux, à plein de bonnes choses. La dernière fois que j’ai vu Guitou, il m’a parlé de la vieille qui allait habiter la casse. Et tu sais quoi, ce qu’elle lui a dit .
– Ben vas-y, fais pas style…
– Elle l’a invité chez elle et lui a proposé
– de bons trucs à becter…

Les deux garnements, la faim au ventre, coururent à l’intérieur de la foret. Des petites lumières scintillaient :

– Y a quinquin… Y a quinquin… ?

N’ayant aucune réponse du néant, Hansoul et Gras-Double prirent l’initiative de rentrer. Rien de plus facile, la porte était déjà entrebaîllée. Les momes donnèrent un coup sec et la porte s’ouvrit toute grande.
Ils pénétrèrent à l’intérieur et là !, mes aïeux ! Quel spectacle s’offrit devant eux.
La vieille dame s’était assoupit.
Alors, Hansoul et Grab-Double se jetèrent sur elle et la dévorèrent.

Morale :
La bedaine bien pleine, nos deux petits monstres s’attaquèrent aux desserts en attendant les prochains locataires.

Chapitre. 2
Le Dégueu petit coin-coin.


En rang d’oignons, famille canard effectuait sa promenade quotidienne.
Le dernier petit coin-coin angoissait à max de ne pouvoir jouer avec les siens.
En effet, ses longues ballades s’étaient toujours passées en solitaire. Bouffer, se décrotter… C’était toujours seul, qu’il se débrouillait.
Les jours et les semaines s’écoulèrent accompagnés de neige, de soleil, de vent… Et notre petit coin-coin se métamorphosa ! ! !
Seul, comme une chiffe molle, il se mit à couiner. Ce qui déclencha, tonnerre de Brest !, une rossée d’enfer.
Alors là, c’en était trop. Seul, sous la flotte, il gueula à ses soi-disant semblables :
– Grands demeurés en puissance ! Vous les avez vu au moins vos sales gueules d’handicapés ?
Sur ce, il se retourna majestueusement pour se retrouver face à des grenouilles.

Morale

T’as beau bien bouffer, bien grandir, etre poli….
Ca t’empeche pas d’avoir la gueule que t’as.

Chapitre. 3
La petite pompe de Grillon.


Il était une fois un mec qui épousa une deuxième meuf. Avec celle-là, il eut le gros lot, eh ouais !, elle avait déjà deux mouflettes et lui en avait dejà une.
Je vous dis pas le boucan dans cette baraque.
Les trois momes s’entendaient si bien qu’on les fit dormir sur une paillasse, pendant que les vieux faisaient la bringue au P.M.U. du coin. Il arriva que le fils du patron du P.M.U. donna une boum.
Super contente, les trois gamines se demandaient comment elles allaient se saper :
– Moi dit l’ainée, je mettrai ma robe plissée
– Moi dit la cadette, je mettrai mon short rouge
– Et moi dit la mome, je mettrai ma salopette en jean
– et mes tiagues.

Elles se préparèrent avec entrain, quand les tiagues de la mouflette se barrèrent toutes seule à la soirèe. Le fils du patron du P.M.U. fut séduit par cette paire de pompe et décida de retrouver la propriétaire pour l’inviter à danser un rock.

Morale :

Sans pompes
Pas de boum

Chapitre. 4
La mome aux tiges à feu.


C’était la veille de Noel.
Il grelottait, la gamine zonait sur les trottoirs
et chialait.
Elle n’avait refourgué aucune allumette ce soir-là.
Pour se chauffer, elle en tira une.
Pftt ! Comme la flamme brilla et brula !
Et comme la gamine fut heureuse !
Elle était maintenant devant les Assédics. Elle avait enfin chaud !
Mais la flamme s’éteignit, et la mome fut de nouveau dans la nuit crade.
Alors elle en tira deuze.
Et elle se retrouva assisse à une table des restos du cœur sur laquelle fumait de la barbaque.
Hélas ! la flamme s’éteignit.
Aussitôt, la barbaque sauta du plat et plaqua la mome à terre.
Puis l’étouffa.

Morale :

Alors, allez pas nous faire croire que quand il gèle, tout va mal…

Chapitre. 5
Merloun l’arnaqueur.


Il était une fois, un bourge qui menait le trouble pendant de longues annèes.
Il s’appelait Jean-Miloud, roi des lourds.
Génial ! il mourut sans laisser d’héritier…
Tous les pèlerins se demandaient qui succéderait à ce branque. Selon la légende de ces beaufs, une mystèrieuse épée apparut à Babel-Oued City, dans le jardin de la synagogue !
C’était une méga épée, enfoncée dans le bitume ! Sur sa garde on pouvait lire, gravé dans la ferraille :

Le pèlerin qui tirera
ce machin du béton
sera couronné
grand coquin.

Le téléphone arabe parcourut le pays à vitesse grand V.
Les plus tartes essayèrent de retirer l’épée de son socle. En vain !
Le temps s’écoula. On finit meme par oublier l’existence de cette épée satanique.
En effet, le faible dominait le fort.
Quelle sombre époque !

Mais au fin fond de la banlieue, dans la cité Lénine, créchait un beur géant.
C’était Beur Merlin.
Ce jour-là, il se fit arnaquer par le petit Jean-Gérald.
En effet, pour s’emparer de l’épée, il se servit d’un marteau piqueur.

Morale :

Chez Ali tu trouves tout en pièces détachés.

Chapitre. 6
Les trois petits branchès.


Il était une fois trois petits chébrans qui s’ennuyaient tendrement
Tout en étant très chiant.
Le premier aimait s’envoyer en l’air avec du pain d’épice.
Le second aimait se décoiffer avec du chocolat.
Et le troisième petit chébran était plutot feignasse.
Ils eurent un jour envie de voir Katmandou.
Aussi, après avoir taxé leurs vieux, ils prirent un avion…

Un matin, après avoir taxé leurs vieux, ils prirent un avion.
Un matin ils apprirent une terrible nouvelle :
Ils s’étaient piquer leurs pognons et leurs paperasses d’identité.

Nos trois petits chébrans se trouvaient dans une foutue galère.
Que faire ?
A Katmandou, les controles d’identités étaient quotidiens
surtout pour les étrangers.
Et si t’avait pas tes paplars, les flics te collaient au trou
Et la tabasse t’accueillait.
Meme plus de fric pour régler les piaules, pour téléphoner aux vieux,
Rien, niet…

Ils se retrouvèrent au trou avec des gnons
Conformes aux étrangers.
Quel pays, pas un bouseux pour parler le verlan,
Pas un qui connaissait les vieux chébrans,
Pas un pour les coiffer, les parfumer,
Leurs faire à grailler.
Non !, rien que des sauvages pour les cravater.

Morale :
Pars jamais sans ta carte Visa…

Chapitre. 7
Le bouquin de la vie.


Un jour qu’elle se ballade le long de la rivière,
Elle entend des pleurs.
Qu’est-ce que ça peut bien etre ?
Elle se rencarde au bord de l’eau…
Et découvre un rafiot avec, à l’intérieur,
Un drole de petit couffin.
Il y a un petit black d’homme qu’on a abandonné,
Un petit bout d’humanité dans cette toundra si glaciale.
Il ne s’arrete pas de chialer !

– Que fais-tu petit mioche ? Si je te laisse ici,
Tu te feras geler !
At Anouthka, sachant qu’un enfant sans adultes
ne peut vivre longtemps, se saisit du couffin
pour s’en aller chercher le bureau de l’Adass…

– Y a quinquin ! appelle-t-elle à l’entrée du bureau social,
– J’ai un cadeau pour vous !
– Madame Perdudevue n’est pas là
Lui répond Madame je Taistout.

Madame Perdudevue est partie en chasse de parents pour nourrir ses petits orphelins.
Puis Madame Jesaistout tout en regardant le couffin :
– Un de plus, un de moins, répond la gentille mégère, ce n’est pas une affaire !
Nous l’appelerons Undeplus.

Morale :
Quand il y a en pour quatre, il y a en a pour cinq.



 

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